Pourquoi embaucher un alternant peut booster votre entreprise

Parier sur un alternant, c’est miser sur une énergie neuve, une force de travail qui n’a pas encore été façonnée par des années de routines ou d’habitudes tenaces. Pourtant, derrière les promesses d’agilité et de renouveau, l’apprentissage cache aussi ses revers. Voici un tour d’horizon sans fard pour peser, avec lucidité, le pour et le contre.

Embaucher un jeune en apprentissage : promesses et réalités

Les atouts du contrat d’apprentissage

Atout n°1 : Former une recrue à votre image

Un jeune en apprentissage arrive sans le poids d’anciens réflexes. Parfois c’est sa première expérience professionnelle, souvent il n’a rien à désapprendre. Voilà qui ouvre la porte à un apprentissage à votre façon : méthodes, process, valeurs, tout peut s’incarner très vite, sans combat contre des habitudes mal ancrées. On façonne le futur de l’équipe, à la racine.

Atout n°2 : Une intégration progressive

L’alternance, ce n’est pas la secousse d’une embauche brutale. Entre un et trois ans : un long temps d’observation, d’accompagnement et d’évaluation, réciproque. Il s’agit d’un test grandeur nature où chacun mesure ses attentes et ses engagements, avant de s’embarquer vers l’embauche ou de choisir une autre route.

Atout n°3 : Un coût salarial maîtrisé, appuyé par des aides

Le salaire d’un apprenti est encadré : par exemple, pour un jeune de 18 à 20 ans en première année, le montant équivaut à 43 % du SMIC, soit 662,20 € au 1er janvier 2020. Une enveloppe adaptée pour des missions à faible responsabilité ou à temps partiel : quelques heures de secrétariat, de l’assistance comptable, rien de plus naturel à ce stade.

Les aides publiques jouent leur rôle d’amortisseur financier. Concrètement, sur demande, l’employeur perçoit :

  • 4 125 € pour la première année de contrat ;
  • 2 000 € pour la deuxième ;
  • 1 200 € pour la troisième année.

Pour percevoir cette aide, il faut réunir deux conditions : avoir moins de 250 salariés et accueillir un apprenti qui prépare au moins un CAP ou un Bac.

Les limites du contrat d’apprentissage

Face à ces promesses, il faut composer avec les contraintes, et elles ne sont pas théoriques :

Limite n°1 : Un apprenti sans expérience professionnelle

Un jeune nouvellement arrivé dans la comptabilité, par exemple, ne maîtrise rien des fondamentaux du métier. Impossible de lui déléguer la gestion du bilan ou la clôture annuelle dès le premier mois : la formation sera nécessaire, étape par étape, sans raccourci possible.

Limite n°2 : Le tuteur, clef de voûte… et gouffre horaire

Accompagner un alternant demande de l’attention, des retours, de la vigilance. Le tuteur explique, corrige, relit, rappelle les règles. Et ce temps ne se rattrape pas : il dévore des créneaux dans les agendas déjà tendus. Trop d’employeurs le découvrent à leurs dépens, parfois en pleine surcharge.

Limite n°3 : Quels repères pour évaluer ?

Sans expérience antérieure, difficile de trier, lors du recrutement, entre l’enthousiasme sincère et le potentiel opérationnel. Les références manquent, on navigue parfois à vue, les surprises (bonnes ou décevantes) sont inévitables.

Limite n°4 : Coût horaire réel, souvent sous-estimé

Si le salaire brut paraît bas sur le papier, le rapport au temps de présence nuance le tableau. Car entre les jours au centre de formation, les congés, les examens, un apprenti n’est là que 850 heures par an environ, quand un salarié à temps plein en comptabilise 1 400. La rémunération rapportée à l’heure grimpe : pour un jeune de 20 ans en deuxième année par exemple, on approche des 10 € de l’heure.

Depuis le 1er janvier 2019, l’aide unique à l’apprentissage a simplifié le paysage en fusionnant les dispositifs existants (crédit d’impôt, aides diverses), pour rendre la situation plus lisible et plus facile à gérer au sein des TPE et PME.

Former un apprenti dessine un équilibre délicat, entre engagement sincère, enthousiasme et précautions. Le choix n’obéit à aucune recette universelle : c’est affaire de stratégie, de contexte, de projet d’équipe. Mais dans la plupart des histoires professionnelles, l’alternance sème des graines qui n’étaient pas prévues sur le plan initial, et il arrive que l’on récolte, bien plus tard, des experts fidèles, transformés par cette première chance.